Vous pourriez être juré un jours

Vous pourriez être juré un jours

Avec le procès tant médiatisé de cet homme qui a tué ses enfants, Guy Turcotte,  on a beaucoup entendu parlé des membres du juré. Ceci est venu susciter mon intérêt par rapport au monde des jurés. Un juré est constitué de monsieur et madame tout le monde..Un jours sans vous y attendre, en allant chercher votre courrier comme fait de manière quotidienne, une lettre pourrait très bien se démarquer des autres, celle du Ministère de la justice..évidemment on fait le saut ne sachant ce qu’ il peut bien contenir et boum, on apprend que nous avons été sélectionné pour devenir membre d’ un juré.  Mais comment cela se passe t-il ?

On reçoit une convocation de la shérif du palais de justice de Montréal ceci est fait au hasard de la liste électorale qui détermine les chanceux (ou malchanceux) si on peut dire . Pour chaque procès devant jury, quelque 150 personnes sont ainsi sommés de se présenter pour la sélection. Ce n’est pas une demande, mais une obligation!   Bien entendu, plusieurs vont donner des excuses pour ne point faire partie du juré en invoquant des raisons tel que maladie, obligation familiale, mal de dos, travail contraignant, préjugé tenace, enfant accaparant, le juge doit faire le tri des bonnes et des mauvaises raisons. Le tamisage terminé, reste les braves, consentants ou pas.

On défile donc un à un devant le juge et les avocats, jusqu’à ce que 12  personnes, fassent l’affaire des deux parties.Tout ça se fait de manière aléatoire, d’ailleurs. Ce n’est pas une affaire de compétence. La seule question à laquelle doit répondre le candidat concerne sa profession. Les avocats ne savent rien d’autre de personne . Et ils n’ont que quelques secondes pour évaluer l’ attitude physique avant de prendre une décision: on le garde ou pas? Tout se fait à l’oeil. Aux impressions ressentit. Si les deux disent oui, bingo, on vient de se trouver un nouveau job pour les prochaines semaines. Celui de juge des faits.

Sinon, on retourne chez soi avec un sentiment de soulagement pour certains. Un certain journaliste du journal Le Devoir faisait par de son expérience et voici ce qu’ il partageait de son expérience en tant que membre de juré il y a de cela quelques temps…voici comment il décrit la journée d’un juré;

 C’est bien là le premier désagrément lié au métier de juré. Cette impression d’une liberté contrôlée par l’État. L’obligation d’être au palais de justice tous les matins de semaine à 9 heures. D’y rester jusqu’à 16h30 en compagnie des 11 autres élus, sous la surveillance constante de deux constables spéciaux. De manger avec cette équipe improvisée, dans une cafétéria réservée aux jurys. Et surtout, à la fin, de rester enfermés 24 heures sur 24, tant qu’un verdict n’intervient pas.

«C’est le plus dur, estime une ex-jurée. Côtoyer des étrangers jour après jour, vivre en groupe de façon hermétique. Les constables aident beaucoup, mais c’est irritant d’être constamment surveillé. Il faut déployer des trésors de patience pour passer au travers.»

Une fois réuni au palais, le jury pénètre dans les «corridors secrets» du bâtiment. Un réseau de couloirs sans intérêt autre que le fait qu’il soit interdit au public et aux avocats. Il donne accès aux différentes salles de cour. Chaque jury a aussi sa salle privée, sans fenêtre, réservée pour les nombreuses périodes d’attente et scellée en notre absence.

Durant une journée normale de sept heures trente, nous ne siégerons en moyenne que quatre heures, et encore. Les interruptions sont nombreuses, et le jury doit très souvent se retirer pendant que les avocats discutent des points de droit. Tout avance à pas de tortue.

La salle d’attente devient donc un deuxième chez-soi, un coin de lecture et de papotage. Les membres du jury n’ayant pas le droit de se parler du procès avant les délibérations — ceci pour éviter qu’une personnalité plus forte n’impose son opinion aux autres — on discute de tout et de rien. Souvent de rien, en fait: le blabla banal des journées d’hiver, l’émission de télévision de la veille, le concert d’un tel, les potins sur un autre. On brode ainsi les petits fils de l’amitié, obligée et sincère à la fois.

Ces discussions impromptues servent aussi de préparation aux délibérations. On apprend à s’entendre, disons. Ce qui n’est pas toujours facile, à douze. D’ailleurs, la seule unanimité qu’on ait trouvée avant le verdict fut dans l’expression d’un ras-le-bol général à l’égard des carottes et des navets trop cuits et trop salés, servis jour après jour après jour par le traiteur du palais. Du lundi au jeudi, toujours les mêmes légumes. La surprise du vendredi, c’est qu’on les retrouvait en potage… Sujet anodin, futile, mais dans un huis clos où la tension est forte, chaque pointe d’humour qui rassemble fait du bien.

Durant les audiences du procès, le rôle du juré est simple: s’asseoir — et rester éveillé! —, écouter et prendre des notes. Le piège, c’est de chercher à aller plus vite que les avocats qui déballent leur preuve morceau par morceau, sans faire de lien entre les témoignages.

Premier acte des délibérations: faire un tour de table pour connaître le verdict initial de chacun. Les masques tombent enfin. Coupable ou non coupable, la salle se divise. On note les points soulevés par chacun afin de comparer les versions ensuite. On discute, argumente, rouspète, colère et tempère dans cette pièce exiguë, qui accentue la pression que chacun ressent.

On recherche l’unanimité. Chaque voix compte. Ça complique forcément le boulot, mais ça assure aussi un verdict plus fouillé, plus réfléchi. Travail d’équipe, bonifié de l’apport de chacun. Pendant que le juré no 1 note un détail, la jurée no 10 énoncera une évidence que les autres n’avaient pas vue. Les lanternes s’éclairent ainsi mutuellement.

Les audiences reprennent, la salle se lève pour le retour du jury. L’accusé nous observe d’un regard inquiet. Tout le monde s’assoit. La greffière demande au président du jury de se lever et de prononcer le verdict. À cet instant précis, une seconde suspendue dans l’air, on se sent tout petit. Il n’y a qu’un mot à dire, mais il a du poids. Ce soir-là, l’accusé entamera un séjour d’au moins 10 ans en prison. Et nous redeviendrons, après un mois de «captivité», des citoyens libres. Épuisés, mais heureux.

personnellement, j’ aurais aimé faire partie d’ un juré, j’ ai toujours eu un certain intérêt pour le monde de la justice, Je suis une fan d’ émissions traitant de crime , bien entendu,dans l’ optique de trouver le coupable ..des séries comme: CSI. Criminal mind, Bones et le vieux Colombo!  sont parmis des émissions qui m’ attirent, c’ est pourquoi un jours, si le ministère de la justice me sollicite , j’ irai faire de manière fière, mon devoir de citoyenne , en espérant bien entendu que ce serait un procès exempt de crime d’ enfants.

 Cet article a été écrite avec l’ expérience d’ un vrai juré, Guillaume Bourgault-Côté
qui a partagé son expérience dans  un des quotidiens populaire.