Petite histoire du coquelicot

Petite histoire du coquelicot

Le coquelicot ou papaver rhoeas (appelé également pavot des champs, pavot sauvage ou pavot rouge) appartient à la famille des Papavéracées ou « pavots ». Compagnon des moissons, il serait arrivé depuis le Moyen-Orient jusqu’en Europe par le commerce des céréales.  Son nom viendrait de l’ancien français, « coquerico » qui désignait le coq par son cri. On a ensuite fait le parallèle entre la crête du coq et l’aspect rouge et légèrement tombant de cette fleur !

Le coquelicot est une plante annuelle velue, à suc laiteux, dont l’apparence frêle emplit les champs (peu traités) et les bords des chemins de mai à septembre. Quatre grands pétales veloutés ornent des étamines noir bleuté. En son centre trône la capsule (le fruit), d’où s’échappent de nombreuses graines, prêtes à coloniser de nouvelles contrées.

Le coquelicot est connu depuis toujours pour procurer un sommeil serein. Les égyptiens disposaient des pétales dans les tombeaux pour assurer au défunt un « doux sommeil ». A ne pas confondre avec son cousin, le pavot somnifère, dont on extrait la morphine ! Le coquelicot contient lui de la rhoeadine, aux propriétés sédatives et sans accoutumance. Il était très utilisé jadis pour procurer aux enfants et aux adultes un sommeil réparateur, au point d’être appelé « l’opium inoffensif du peuple ». Il soigne avec cela la nervosité, l’hyperémotivité, les affections de la gorge et de l’appareil respiratoire.

Les pétales s’utilisent frais ou séchés. Récoltez-les bien entendu dans un endroit vierge de toute pollution. Vous pouvez ensuite les faire sécher dans un endroit sec et aéré, sur du papier absorbant voire même les placer au micro-ondes pendant 2 ou 3 minutes ! Sachez que certaines personnes ne supportent pas le coquelicot, restez donc vigilant quant à son utilisation.

En salade : Vous pouvez tout d’abord rehausser vos salades avec quelques jeunes pétales de coquelicot.
En sirop : les pétales peuvent servir à fabriquer un sirop, aux propriétés expectorantes et antitussives.
En infusion : les pétales en infusion aideront à passer une nuit calme et réparatrice. Plus concentrée et appliquée tiède sur la peau, cette infusion permettra également de lutter contre les rides et d’apaiser les paupières gonflées.

Une fois cueillis, les coquelicots se fanent très vite… Voici une petite astuce pour profiter plus longtemps de ces jolies fleurs : dès la cueillette si possible, brûlez vivement l’extrémité coupée de la tige, de manière à faire coaguler le suc. Saviez-vous que les noces de coquelicot symbolisent huit années de mariage!

Pourquoi le coquelicot a-t-il été choisi, au Canada, comme symbole en souvenir des soldats morts au combat?

Le coquelicot, un emblème international pour commémorer les morts de la guerre, avait également des origines internationales.  Pendant les guerres napoléoniennes, au début du 19e siècle, un écrivain a fait pour la première fois le lien entre le coquelicot et les morts sur les champs de bataille. Il a en effet remarqué que des champs qui étaient stériles avant les batailles regorgeaient de fleurs rouge sang une fois le combat terminé. Avant la Première Guerre mondiale, peu de coquelicots poussaient en Flandre, mais suivant les bombardements massifs au cours de cette guerre, les sols calcaires se sont enrichis de chaux provenant des gravats. Ce phénomène a permis au « popaver rhoeas » de proliférer. Une fois la guerre terminée, la chaux a rapidement été absorbée et le coquelicot a fait à nouveau son apparition.

Le Lieutenant-colonel John McCrae, médecin canadien et auteur du poème « Au champ d’honneur », a fait le même lien cent ans plus tard, durant la Première Guerre mondiale. Et le coquelicot écarlate est rapidement devenu le symbole des soldats morts au combat.

Trois années plus tard, Moina Michael, une Américaine qui travaillait dans la cafétéria d’un YMCA de la ville de New York, s’est mise à porter le coquelicot en souvenir des millions de soldats morts sur les champs de bataille. Lors d’une visite aux États-Unis en 1920, une dame française, madame Guérin, a été informée de cette coutume et, à son retour en France, a décidé d’utiliser des coquelicots fabriqués à la main pour recueillir des fonds afin de venir en aide aux enfants miséreux des régions dévastées par la guerre dans son pays. C’est en novembre 1921 que les premiers coquelicots ont été distribués au Canada.

Grâce aux millions de Canadiennes et de Canadiens qui arborent le coquelicot tous les mois de novembre à l’occasion du jour du Souvenir, la petite fleur écarlate n’est jamais morte.

source : Pèlerinage régimentaire : France et Flandre 2006, Royal Newfoundland Regiment.