Le chemin de la liberté

Le chemin de la liberté

Entre le 15e et le 19e siècle eut lieu un événement qui marqua l’histoire de l’humanité :  » La traite des Noirs « . À cette époque, les Européens amenèrent entre 10 et 12 millions d’esclaves africains en Amérique, par bateau. Cet événement a marqué de façon particulière le cours de l’histoire sur tout le continent américain.

Pour bien comprendre les raisons qui ont poussé les Européens à soumettre tant d’Africains à l’esclavage, il faut se remettre dans le contexte du moment. En effet, à cette époque, plusieurs grands pays européens, désireux de s’approprier davantage de territoires et de richesses, ont mis en branle des expéditions visant à découvrir de nouvelles terres à exploiter. Les pays européens ont donc envoyé des colons pour peupler les nouvelles colonies européennes d’Amérique. Les colons avaient le mandat d’exploiter ces nouvelles terres étrangères et d’en tirer des ressources naturelles (or, argent, café, sucre, coton), qui allaient permettre aux Européens de s’enrichir.

Cependant, pour effectuer tous ces travaux, les colons ne suffisaient pas. Ils devaient absolument trouver une autre source de main-d’œuvre pour réaliser les travaux difficiles et ardus à leur place. Le travail était extrêmement difficile physiquement et les conditions s’avéraient misérables car pour que cette entreprise soit rentable, la main-d’œuvre ne devait pas être coûteuse pour les Européens., il est important de savoir qu’à cette époque, les territoires d’Amérique du Nord et du Sud étaient déjà habités depuis longtemps par différents peuples autochtones et ce, avant même l’arrivée des Européens. Ces autochtones avaient construit leur propre société, régie par leurs propres règles. C’est vers eux que les colonisateurs se sont d’abord tournés pour trouver la main-d’œuvre qu’ils cherchaient. Les colons ont alors forcé les autochtones à travailler pour eux.

Cependant, les autochtones n’étaient pas habitués à des conditions de travail aussi intenses et difficiles. Ils ont rapidement tous été exterminés, principalement tués au travail, les conditions étant trop dures. Plusieurs ont aussi succombé à des maladies amenées d’Europe par les colonisateurs et contre lesquelles les autochtones n’avaient aucune défense.

Quand il ne resta plus d’autochtones, les colonisateurs se tournèrent vers l’Afrique. Ils y trouvèrent des hommes forts qu’ils embarquèrent de force sur des bateaux appelés  » négriers « . Ces Africains se retrouvèrent dans plusieurs régions de l’Amérique : les États-Unis, les îles des Antilles, le Brésil, etc. Ces Africains provenaient essentiellement de Gambie, du Sénégal, du Libéria, de la Sierra Leone, de la Guinée, de la Côte-d’Ivoire, du Ghana, du Togo, du Dahomey et du Nigéria.  Une fois arrivés en Amérique, les esclaves étaient littéralement vendus à des propriétaires qui avaient tous les droits sur ses esclaves. Le propriétaire n’était pas obligé de nourrir suffisamment son esclave et pouvait le faire travailler autant qu’il le voulait, le battre, le mutiler, le fouetter ou même, le tuer. L’esclave était un bien, une propriété; il ne bénéficiait donc d’aucun droit.

Mathieu Da Costa, premier Africain à avoir foulé le sol du Canada vers 1605. Engagé par Samuel de Champlain pour son expédition de la France à Port Royal, il travailla comme interprète, traduisant le micmac et le français. Néanmoins, de nombreux Africains arrivés au Canada par la suite étaient des esclaves. Croire que l’esclavage n’existait qu’aux États-Unis est une idée répandue mais erronée. Le Canada n’était peut-être pas une société esclavagiste comme les États-Unis, mais c’était une société avec des esclaves.

Le premier exemple attesté d’esclavage d’un Africain au Canada est celui d’Olivier Le Jeune, un jeune Malgache dont on ne connaît pas le nom africain. Il arriva au Québec en 1628. Son propriétaire le vendit à un clerc de la colonie, faisant du jeune garçon le premier esclave officiel de Nouvelle-France. Après avoir été vendu, Olivier reçut une éducation dans une école dirigée par un prêtre jésuite, le Père Le Jeune. Il vécut en Nouvelle-France jusqu’à sa mort en 1654. Il avait une trentaine d’années.

Après 1628, l’esclavage se répandit et fut institutionnalisé par les régimes français et britannique. Pendant et après la guerre de l’Indépendance américaine (1776-1783), de nombreux Loyalistes blancs déménagèrent dans la région actuelle de l’Ontario, apportant avec eux la pratique de l’esclavage. En 1790, une loi impériale autorisa les Loyalistes à immigrer depuis les États-Unis sans payer de taxe sur leurs esclaves, si le lieutenant-gouverneur leur octroyait un permis. Cette loi visait principalement à attirer les Loyalistes vers le Haut-Canada, mais elle augmenta également le nombre d’esclaves résidant dans la province.

Au cours de cette période, aux États-Unis, de nombreux esclaves quittèrent leurs propriétaires et se battirent aux côtés des Britanniques. Une fois la guerre terminée, un certain nombre de Loyalistes noirs libres déménagèrent en Amérique du Nord britannique.  Lorsque la défaite britannique est devenue inévitable en 1783, l’Armée britannique a évacué plus de 2 000 Loyalistes noirs vers la Nouvelle Écosse. (D’autres se sont dirigés vers les Antilles, le Québec, l’Angleterre, l’Allemagne et la Belgique.) Ceux qu’on a laissés après la retraite des Britanniques ont été repris, puis réduits de nouveau à l’esclavage.

Bon nombre de Loyalistes noirs se sont retrouvés à Shelburne, dans le sud est de la Nouvelle Écosse. Par la suite, ils ont créé leur propre collectivité près de Birchtown. Grâce à une population de plus de 2 500 habitants, Birchtown représentait la principale colonie de Noirs affranchis hors de l’Afrique. Les autres Loyalistes noirs se sont établis près de cette colonie et au Nouveau Brunswick.

La plupart des Loyalistes noirs n’ont jamais reçu la parcelle de terrain ni les provisions qu’on leur avait promises. Ils ont dû se contenter d’un maigre salaire d’ouvrier agricole ou de domestique. Par ailleurs, ils ont souffert du climat, qui était beaucoup plus froid que celui auquel ils s’étaient adaptés, en plus de subir le traitement inéquitable des autorités.

En 1791, lorsqu’une société britannique a offert de réinstaller les Noirs en Sierra Leone, en Afrique de l’Ouest, près de la moitié de la collectivité noire, amèrement déçue, quitta la Nouvelle Écosse. Quelque 2 500 Noirs sont toutefois demeurés dans cette province et leur situation s’est lentement améliorée. Leur salaire a augmenté et bon nombre d’entre eux se sont qualifiés pour exercer des métiers spécialisés. En 1812, les Noirs s’estimaient suffisamment intégrés à la collectivité pour former trois milices noires distinctes qui ont combattu les Américains lors de la guerre de 1812.

La traite des Noirs a eu des impacts considérables sur les différentes cultures présentes aujourd’hui sur le continent américain. Au temps de la colonisation, les esclaves noirs arrivaient avec tout leur bagage culturel africain, avec leurs traditions, leurs croyances religieuses, leur langue, etc. Les colonisateurs ont tenté tant bien que mal de réprimer leur culture africaine, mais sans succès. Malgré les interdictions, les esclaves ont réussit, de différentes façons, à sauvegarder leur culture, ou du moins, une partie. Certains exemples de métissages culturels encore présents, en particulier au niveau des arts et musique,

Au début du 20e siècle, le gouvernement canadien a fermé ses portes à l’immigration noire et par la suite ouvre ses portes de nouveau dans les années 1950 puisque’ il manquait de  professionnels au pays . On a ainsi fait venir des Noirs en provenance des Antilles françaises ou anglaises  dans les années 1960, des scientifiques dans les années 1970, ce fut le  » cheap labor « , fourni par Haïti.

De plus en plus on retrouve des parcelles sur l’ histoire des noirs mais encore très peu discuté  dans les écoles malheureusement, mais avec la création du mois de l’ histoire des noirs plusieurs héros ne restent pas dans l’ oublie.