Donner son corps à la science

Donner son corps à la science

La mort est un sujet que plusieurs personnes évitent d’ aborder car cela fait peur. C’ est souvent difficile puisque l’ on a appris de l’ exclure des étapes de la vie. Malgré cela, nous avons tous dit un jours ou l’ autre , de quel manière  on voudrait avoir nos funérailles, ne serait-ce que pour s’ assurer que notre volonté soit respecté.  J’ ai personnellement déjà fait mention de la manière que j’ aimerais être exposé si jamais la condition de mon corps le permet. Ceci m’ amène à vous parler de ceux qui désirent donner leur corps a la science . Comment cela se passe t’ il et quels sont les démarches.

Au Québec, une personne peut décider de donner son corps à un établissement d’enseignement afin qu’il soit utilisé, après son décès, pour l’enseignement ou la recherche. Certains critères s’appliquent pour qu’un corps soit accepté par les établissements d’enseignement reconnus. Grâce à ces dons, les étudiants de différents programmes collégiaux et universitaires de sciences de la santé peuvent recevoir une formation pratique en anatomie humaine. Dans le cadre de cette formation, les étudiants peuvent s’exercer aux différentes manipulations rattachées à leur discipline.

Les dons de corps permettent également aux médecins spécialistes et à d’autres professionnels de la santé de mettre au point de nouvelles techniques et approches de soins ou d’intervention. Au Québec, 5 établissements d’enseignement reçoivent des corps pour l’enseignement ou la recherche :

l’Université Laval;
l’Université McGill;
l’Université de Sherbrooke;
l’Université du Québec à Trois-Rivières;
le Collège de Rosemont.

Le don de corps à la science est un geste anonyme. Seules les personnes autorisées ont accès aux informations sur les donneurs. Ces renseignements leur sont transmis uniquement à des fins de gestion. Pour leur part, les étudiants sont soumis à un code d’éthique portant sur le respect du corps. Toute personne de 14 ans et plus peut donner son corps pour l’enseignement ou la recherche. Les personnes de moins de 14 ans peuvent également faire don de leur corps, avec le consentement de leurs parents ou de leur tuteur

Critères d’acceptation du corps

Après le décès de la personne, certains critères s’appliquent pour que son corps soit accepté par les établissements d’enseignement reconnus. Même si un corps répond aux critères d’acceptation, il est possible qu’un établissement d’enseignement le refuse s’il dispose de suffisamment de corps à ce moment.

Les principaux critères d’acceptation sont les suivants :

Le corps ne doit pas avoir été embaumé ou avoir subi une autopsie. Comme l’établissement d’enseignement récupère le corps dans les 48 heures suivant le décès, il ne peut pas non plus être exposé.

Le corps doit contenir tous ses organes vitaux; les donneurs d’organes ne peuvent donc pas faire don de leur corps (sauf ceux qui ont fait un don de cornée).

Le poids du corps doit être proportionnel à sa taille. Le corps doit être celui d’une personne adulte, d’un poids de moins de 90,7 kg (200 livres) et d’une taille de moins de 1,82 m (6 pieds).

Le corps ne doit pas être déformé. Par exemple, un corps dont les membres sont recroquevillés est refusé.

Le corps ne doit pas avoir été brûlé ou avoir subi un accident majeur.

La personne décédée ne devait pas avoir la jaunisse. Son décès ne doit pas avoir été causé par une maladie contagieuse (hépatites A, B ou C, sida, septicémie, choc septique, SARM, SRAS, infection à C. difficile, etc.).

Le corps doit pouvoir être transporté vers l’établissement d’enseignement dans les 48 heures suivant le décès de la personne. Toutefois, ce délai peut être prolongé s’il est possible de réfrigérer le corps, ou raccourci si le décès est survenu en période de canicule.

Les familles des donneurs n’ont généralement pas à payer pour le transport du corps vers l’établissement d’enseignement. Ces établissements recueillent les corps gratuitement jusqu’à une distance de 250 km (60 km dans le cas de l’Université McGill). Toutefois, lorsque la distance parcourue pour prendre possession du corps est supérieure, des frais de transport pour la distance supplémentaire sont facturés à la famille.

Après la période d’étude, les établissements s’assurent de procéder à l’enterrement ou à l’incinération du corps du donneur. Le corps ou les cendres sont alors enterrés dans un lot particulier d’un cimetière, sans frais pour la famille. Cependant, la famille peut désirer une cérémonie religieuse ou un enterrement dans un endroit particulier. La cérémonie et l’enterrement sont alors aux frais de la famille. Seule l’Université de Sherbrooke réclame des frais pour la récupération des cendres.

ll est très important que les membres de votre famille et votre entourage sachent que vous avez décidé de donner votre corps à la science. Ces personnes pourront parler en votre nom et confirmer votre consentement au moment de votre décès. Les membres de la famille ou les proches de la personne décédée doivent mentionner au personnel soignant qu’elle a consenti à donner son corps. Le personnel de l’établissement avisera le ministère de la Santé et des Services sociaux selon les protocoles établis. Le personnel soignant connaît les démarches à faire.

Bien que cet article fait référence aux démarches au Quebec, on retrouve dans tous les pays des possibilités de donner son corps pour l’ évolution de la science. Il faut donc vous renseigner auprès de vos institutions Universitaires pour connaitre les démarches nécessaire. Les établissements d’enseignement peuvent conserver le corps du donneur pendant une période pouvant aller de plusieurs mois à 4 ans. Par la suite, le corps ou les cendres sont enterrés dans un lot particulier d’un cimetière, sans frais pour la famille.

Toutefois, les familles qui le désirent pourront récupérer les cendres ou le corps du donneur une fois la période d’étude du corps terminée. Elles doivent toutefois prendre une entente à ce sujet avec l’établissement d’enseignement dans les jours suivant le décès. Le don du corps à la science est une démarche extrêmement différente de celle du don d’organes. Dans un cas on sauve des vies tout de suite, dans l’autre on oeuvre pour le long terme, en formant les médecins afin de faire progresser la science et à mon avis c’ est aussi une belle manière de donner au suivant!

 

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