Déprime et luminothérapie

Lorsque le temps froid arrive, alors que certaines personnes sont emballées par l’ idée de longues promenades dans la nature, de descendre les pentes de ski ou de s’ amuser dehors, bien d’autres entrevoient cette période de l’année comme bien plus triste . La diminution des périodes de clarté typiques de l’automne et de l’hiver a un effet néfaste chez bon nombre d’individus, qui voient leur moral et leur niveau d’énergie et de bien-être diminuer à mesure que la lumière du soleil se fait plus rare. Changement d’heure, changement de saison, on se sent tous un peu tristes, mais certains, plutôt certaines (3,5 femmes pour un homme) en font une vraie dépression saisonnière.

La luminothérapie est un traitement non médicamenteux reconnu pour son efficacité à contrer les effets du manque de lumière hivernal, incluant la dépression saisonnière. On l’utilise également pour traiter l’insomnie, et parfois comme traitement secondaire contre la dépression en général, ou pour contrer les effets du décalage horaire. Elle consiste à exposer les yeux à une lumière d’intensité et de spectre lumineux spécifique proches de la lumière solaire.

Quel est le lien entre la lumière et les symptômes de dépression? Et bien la lumière joue un rôle important dans la régulation de l’horloge biologique interne. Celle-ci contrôle plusieurs fonctions du corps suivant des rythmes bien précis, comme les cycles d’éveil et de sommeil et la sécrétion de diverses hormones selon l’heure du jour. Les symptômes dépressifs sont provoqués par un dérèglement survenant dans la chimie du cerveau, causé par le manque de lumière.

Une vraie dépression saisonnière se soigne par la luminothérapie (luxthérapie ou photothérapie). Il s’agit d’une lumière blanche intense, sans UVA ni UVB, à raison de 10 000 lux pendant 30 minutes tous les matins, 5 mois durant (y compris une période test de 15 jours à faire à l’hôpital). La luminothérapie est significativement plus efficace quand elle est faite le matin, au réveil.
En pratique, la personne s’assied devant un écran qu’elle fixe quelques secondes toutes les minutes, l’écran restant dans son champ de vision, ce qui lui permet de lire ou de travailler. La quantité de lumière reçue sur la rétine dépend de la distance entre l’appareil et le visage. Proche, à 10 000 lux, 30 minutes suffisent (ou plus éloigné, 2 500 lux pendant 2 heures). Le relais est pris au domicile après une période de test et d’apprentissage de 15 jours à l’hôpital, avec un appareil, banc de lumière ou casque, dans tous les cas techniquement paramétré. Il est délivré sur ordonnance, à l’instar d’une paire de béquilles, et coûte 250 à 300 euros. Le banc lumineux est posé sur une table devant le patient qui peut lire ou se reposer à condition de regarder très régulièrement la lumière, au moins une fois toutes les minutes.

Il est possible de faire une luminothérapie « sauvage », sans avis médical préalable. Mais le risque est de passer à côté d’une dépression « classique » qui ne serait pas saisonnière, donc insensible à la lumière, ce qui retarderait le traitement approprié. C’est pourquoi en cas de symptômes dépressifs, il est préférable de consulter son médecin.

En revanche, en l’absence de symptômes, une cure de luminothérapie peut prévenir l’apparition des troubles dépressifs. Un simulateur lumière de l’aube pour se réveiller, et une lampe de luminothérapie pendant tout le petit déjeuner peuvent aider à garder le sourire jusqu’au retour des beaux jours.   La lumière joue un rôle important dans la régulation de l’horloge biologique interne. Celle-ci contrôle plusieurs fonctions du corps suivant des rythmes bien précis, comme les cycles d’éveil et de sommeil et la sécrétion de diverses hormones selon l’heure du jour..

Comment agit la lumière dans le cerveau?  Après avoir pénétré dans l’oeil, les rayons lumineux se transforment en signaux électriques qui, une fois envoyés au cerveau, agissent sur les neurotransmetteurs. Un de ceux-ci, la sérotonine, souvent appelée « l’hormone du bonheur », régularise l’humeur et gouverne la production de la mélatonine, une autre hormone responsable des cycles éveil-sommeil. La sécrétion de mélatonine est inhibée durant le jour et stimulée durant la nuit. Les dérèglements hormonaux causés par un manque de lumière peuvent être suffisamment importants pour occasionner des symptômes liés à la dépression.

Il est bon de noter que la luminothérapie ne présente aucun risque mais qu’elle ne peut cependant suppléer à une ordonnance médicale prescrite par un médecin, précisément dans les cas d’affection diagnostiquées cliniquement.

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